BUDGET EUROPEEN ET TRANSPORTS – L’UE PREND LA MAUVAISE VOIE

 

Ce mardi 19 novembre 2013 risque de rester gravé comme la date européenne de tous les renoncements.

 

Alors que le Parlement européen, à une large majorité, vient d’adopter les premières perspectives financières rétrogrades et le premier budget européen d’austérité, en baisse en termes de volume pour la première fois de l’histoire de la construction européenne, toutes les autres règlementations comportant un volet financier, naturellement liées au cadre financier, ont également été votées.
Parmi ces dernières, les règlements sur le réseau transeuropéen de transport, censé dessiner la carte du réseau de transport multimodal européen, et le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, censé financer, entre autre, ce réseau.
En tant que membre de la commission transport, je regrette l’issue de ce vote:

Ces règlementations, qui ont certes de belles intentions, comportent des contradictions internes absolument inacceptables. D’un côté, on explique que le réseau transeuropéen de transport devra en priorité être financé quand il y a une valeur ajoutée européenne, que des critères de durabilité environnementale devront être appliqués, que les objectifs en termes de réduction des émissions de gaz à effets de serre devront être respectées, que les différentes législations (Natura 2000 et autres) devront être appliquées, et de l’autre, on décide de financer des projets qui contredisent radicalement ces principes! Comment peut-on adopter un règlement édictant de telles règles et placer un projet comme la Ligne Grande Vitesse Lyon-Turin, ou le tunnel de Brenner Basis en projets prioritaires?

Étant donné le coût pharaonique de tels projets, il faut être conscient que leur financement hypothèque le financement de tous les autres. C’est un choix politique. Pourquoi pas. Mais dans ce cas, il faut financer des projets utiles! Or, que constate-t-on? La LGV Lyon-Turin ne comporte aucun avantage, ni en terme de trafic, d’absorption du fret, ni en terme environnemental! En effet, la ligne existante, rénovée récemment, n’est utilisée qu’à 20% et peut encore absorber tout le volume fret  pendant des dizaines d’années… De plus, étant donné les coûts annoncés, constamment croissant, il y a fort à parier que ce projet ne soit simplement jamais achevé!

Il est aussi pour moi important de rappeler la position des écologistes sur le dossier:

Nous prenons la mauvaise direction. Ce ne sont pas quelques grands projets coûteux et inutiles qu’il faut assortir d’une aide européenne, mais tous les petits projets transfrontaliers qui n’intéressent aucun État et qui sont pourtant la clé de l’interconnexion du continent. Quelques kilomètres de voies ici, une électrification là-bas, il y a des centaines et des centaines de chaînons manquants en Europe, précisément aux frontières. C’est là que l’on attendrait l’Europe.

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