Coopération sud/sud et coopération triangulaire: quel avenir pour ces formes d’intégration territoriale?

Du 23 au 27 novembre s’est tenue la 26ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE[1] à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie. Cet évènement phare s’est concentré sur le sujet essentiel de la coopération institutionnelle entre l’UE et l’Union africaine, cette dernière étant basée à Addis-Abeba.

 

Aujourd’hui Jean-Jacob BICEP, eurodéputé écologiste et délégué EELV aux régions et collectivités d’Outre-mer, a soumis au vote un projet de résolution qu’il a initié, en collaboration avec son homologue Elvis wa Mutiri député national congolais, sur les défis et opportunités de la coopération sud-sud et de la coopération triangulaire.

 

 » J’ai souhaité travailler sur ces formes de coopération car elles nous renseignent sur l’avenir de l’aide au développement dans les pays ACP. C’est maintenant qu’il faut discuter des difficultés et opportunités de ces nouvelles formes d’aide au développement, afin de s’assurer qu’elles répondent de façon univoque au principe de l’intérêt mutuel et à celui de l’égalité, ce qui est, pour l’instant, loin d’être une réalité.« , a-t-il expliqué.

 

« Il faut mettre un terme définitif aux logiques de clientélisme qui vont de pair avec l’aide au développement d’aujourd’hui ! »

 

La première décennie du 21ème siècle a symbolisé  la croissance rapide des grands pays émergents du sud, éclipsant les performances des vieux pôles industriels du nord. Progressivement, ces pays ACP se sont trouvés en position de posséder des connaissances techniques et spécifiques à leur territoire, et réalisent qu’ils sont les mieux placés pour développer une expérience forte en matière d’assistance et de gestion de développement.

 

Travail de réflexion de plus de six mois entre parlementaires européens et élus des pays ACP – soit plus de 150 personnalités politiques, cette résolution, adoptée à l’unanimité, définit un socle commun de réflexion afin d’avancer une série de recommandations politiques à mettre en pratique pour assurer la pérennité de la coopération sud-sud et triangulaire.

 

 » Il faut que les nouvelles économies émergentes, qui connaissent les opportunités et les limites actuelles de telles formes de coopération, défient les stéréotypes et dogmes anciens qui définissent la traditionnelle aide au développement. La structure des échanges commerciaux doit changer, afin que les pays ACP ne soient plus des réservoirs de produits de base servant à alimenter la croissance industrielle des pays émergents ».

 

 « Cette résolution doit être un guide de bonnes pratiques pour les pays ACP, mais aussi européens ! »

 

Une série de propositions politiques a donc été négociée, afin de définir les mécanismes clés à mettre en place pour que ces deux nouvelles formes de coopération répondent de manière univoque au principe de l’intérêt mutuel et à celui de l’égalité, ce qui, pour l’instant, est loin d’être une réalité

 

 » Le défi est gigantesque puisqu’il s’agit ici de réinventer une coopération qui dépasse les traditionnels mythes du développement. Cette résolution politique met en avant la nécessité de négocier des régimes favorables à la recherche pour le développement, avec la question de l’appropriation et l’utilisation du savoir au cœur des débats. Il faut encourager un traitement à l’échelle régionale, qui présente souvent une plus-value réelle en termes de complémentarité des compétences régionales et de mise en commun de moyens rares. Autrement dit, il nous faut mettre en place une programmation nationale et européenne d’aide au développement où les questions de pauvreté et d’inégalité sociales côtoient celles des limites de productivité « , a conclu l’eurodéputé Jean-Jacob BICEP.

 

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