Perspectives et réalités pour les langues indoafricaines et afrocaribéennes des Régions ultrapériphériques européennes.

Le député européen Jean-Jacob Bicep élu d’île-de-France originaire de la Guadeloupe a donné le jeudi 21 octobre 2013 au Parlement de Strasbourg une conférence sur les langues dites « créoles » ou plus précisément sur les langues indoafricaines et afrocaribéennes.

Cette conférence a eu lien dans le cadre de l’Intergroupe des langues régionales et minoritaires, à cette occasion monsieur l’eurodéputé a invité Madame Bertile Véronique, monsieur José Bwakanpèch et des présidents d’associations ultramarines d’Ile-de-France et d’Alsace.
Cette conférence a porté notamment sur la question de la nomination de ces langues. En effet comment nommer ces langues qui constituent aujourd’hui le socle de plusieurs populations réparties dans plusieurs bassins géographiques ?

Pour Jean-Jacob Bicep : « continuer à nommer ces langues créoles c’est accepter implicitement une forme de domination culturelle, puisque comme chacun sait le « créole » est nait dans le contexte historique de la colonisation européenne.
Jean-Jacob Bicep plaide également : « pour que ces langes soient appelées par le nom de leur territoires d’élection : le réunionnais, le guadeloupéen, le martiniquais, le guyanais, serait en effet bien plus juste comme appellation. »

Il est impératif que chaque individu se réapproprie son héritage culturel, la langue étant un élément fondamental de l’identité, cela participe à la reconquête du soi. Valoriser, préserver nos langues régionales c’est finalement « devenir ce que nous sommes ».
Pour madame Bertile, juriste professeur d’Université, « l’évolution de l’appréhension par le droit français des langues dites créoles, doit être en cohérence avec les réalités linguistiques ».
Selon monsieur Bwakanpèch « l’apport de l’Afrique est tout aussi importante que les apports occidentaux, le créole se manifeste sous divers formes musicales et expressions bien spécifiques à un lieu donné « blanc créole » par opposition à « blanc occidental ». Il dit également qu’il serait judicieux de nommer ces langues du nom du vecteur qui les a fait circuler musicalement, « ka », comme l’instrument de musique ».

Enfin pour faire la synthèse des propos de nos intervenants nous pouvons dire qu’après une période importante de « déshumanisation » les ultramarins doivent passer à une phase de « ré-humanisation ». La déshumanisation, conséquence de l’assimilation culturelle est encore trop présente aujourd’hui. La régionalisation de la question de la langue serait une des solutions marquant une volonté politique pour permettre que ces langues puissent perdurer afin que les génération futures et l’humanité ne soient pas appauvris de cette immense patrimoine

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